Feu la nuit de Laura Tirandaz – Lecture publique #1

de Laura Tirandaz

(c) Miliana Bidault

Il y a un lac.
Il y a des méduses.
Il y a des disparus, des souvenirs.
Il y a une vieille cabane en bois servant d’entrepôt pour de l’alcool et des cigarettes.
Il y a une galerie de petites maisons identiques en crépi, couleur coquille d’oeuf.
Il y a une maison avec un portail qui se ferme mal.
Dans ce tableau il y a Artavazd, Nina, la mère, Victor, le père de Victor, Linda la disparue qui essayent chacun dans leur trajectoire de trouver un sens à leur existence, de venir à bout de la nuit.

Mais le temps leur est compté : les gens commencent déjà à partir, l’eau du lac semble de plus en plus infectée de méduses et de moins en moins potable, chaque nuit qui arrive s’annonce de plus en plus en plus impitoyable.
Mais le vertige du départ, le vertige de tout abandonner.

Certains se résigneront, certains se perdront définitivement, d’autres en avançant à tâtons se rencontreront et feront un bout de chemin ensemble, d’autres encore s’enfonceront plus loin dans la nuit et l’épouseront, épouseront leurs plus grandes peurs, leurs plus grandes angoisses dans l’espoir de se réveiller un beau matin, avec un ciel bleu éclatant au dessus de leurs têtes.

« I’m gonna marry the night, I won’t give up on my life. » a dit un jour Lady Gaga.

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« On n’est pas obligé de comprendre pour aimer. Ce qu’il faut c’est rêver. » DAVID LYNCH

Je trouve cette citation si pertinente par rapport à ma première lecture de Feu la nuit ! J’étais dans un tel état de confusion, de questionnements, et en même temps, je me rappelle m’être dit « je crois que j’ai adoré ».
Car Feu la nuit, c’est une pièce qui refuse les lieux communs , c’est une pièce anguleuse, intangible et « sensible » au premiers sens du mot.

J’ai voulu la monter pour essayer de procurer cette sensation au public : vous ne comprendrez peut-être pas tout, votre tête fourmillera sûrement de questions, mais n’est ce pas ce que nous aimons tous dans la nuit, dans les rêves, dans les songes ? Nous n’en retenons pas tout, nous n’en comprenons pas tous les sens, notre mémoire, nos cinq sens nous faisant terriblement défaut ; mais cela nous empêche-t-il d’éprouver ce grand frisson ?
Je ne crois pas.

Préparez vous à plonger.

« C’est joli quand c’est flou. » L’impératrice, L’Équilibriste

Anthony Martine

L’autrice – Laura Tirandaz

Laura Tirandaz écrit du théâtre et de la poésie.
Après une formation de comédienne au Conservatoire de Grenoble et des études de dramaturgie à l’ENSATT, elle rejoint le comité de lecture Troisième Bureau en tant qu’autrice associée.
Certaines de ses pièces ont été traduites en allemand, tchèque et espagnol. Ses deux recueils de poésie Sillons et Signer les souvenirs sont édités aux éditions Æncrages & Co.
Elle a réalisé La Prochaine Fois tu viens, une carte postale sonore pour Arte Radio ainsi que des documentaires pour la RTBF et France Culture. Elle lit régulièrement ses textes en public, accompagnés d’audio-poèmes qu’elle réalise.

lundi 13 septembre 2021 | 19h

Mise en lecture Anthony Martine

AvecFabien Chapeira, Mélisende Marchand, Jeanne Masson, Pierre-Loup Mériaux, Thomas Ribière et Marion Träger