LECTURE #2 – Sauce brune de Simon Boudreault

(c) Miliana Bidault

Au menu de cette pièce, il y a quatre femmes, un lieu, un métier : elles sont cuisinières dans une cafétéria d’école primaire. Dans la semaine suivant une plainte du comité des parents concernant l’alimentation de leurs enfants, les relations se corsent entre les personnages. À ce climat déjà tendu s’ajoute la présence de Beaunier, fantôme invisible de l’administration, qui ne fait qu’augmenter la pression par ses constants regards suspects.

Pour révéler l’incommunicabilité à l’intérieur de ce groupe de femmes, l’auteur québécois a choisi de créer une langue surréaliste, où les blasphèmes (fameux sacres québécois) sont utilisés à outrance, explorant ainsi les limites du langage.

NOTE D’INTENTION
Cette pièce a suscité chez moi un très fort désir, tout d’abord pour le challenge que représentait la langue. Car le texte est en québécois, mais un québécois exacerbé, quasi surréaliste avec une utilisation excessive des « sacres » (ceux-ci sont un des symboles de l’identité québécoise et sont mondialement connus pour leur lien avec le vocabulaire de l’église et de la religion).

On découvre alors les capacités illimitées de ce vocabulaire à exprimer n’importe quelles idées avec des mots qui désignent à la fois tout et rien. On sacre pour essayer de tout dire, quand les mots sont vides de sens et qu’on tente de s’en trouver un, quand les mots sont des tentatives maladroites et imparfaites pour se rencontrer, échanger, pour se raconter. Cette pièce m’a également touchée car elle donne la parole à des cantinières, des femmes rarement mises en lumière.

Fany Otalora

lundi 08 février 2021 | 18h30

Mise en lecture Fany Otalora

AvecMathilde Cessinas, Rafaela Jirkovsky, Blanche Sottou et Kim Verschueren