LA MAISON D’OS

de Roland Dubillard

© Miliana Bidault

Créée en 1962 au Théâtre de Lutèce, La Maison d’Os – une des pièces les plus emblématiques de l’art de Roland Dubillard – est devenue un grand classique du XXème siècle, un chef d’oeuvre du théâtre de l’absurde et de l’humour noir. Pourtant l’ouvrage a été rarement repris. Il faut dire que c’est une gageure pour un metteur en scène et une équipe de comédiens.

Un vieux Maître, touchant et dérisoire, – l’auteur lui-même ? chacun d’entre nous ? – prend conscience que l’heure de la mort est proche. Ses nombreux domestiques, dévoués mais pourtant critiques, l’accompagnent dans ses derniers instants, et même au-delà… dans une belle et grande maison que tous semblent habiter mais qui est aussi la métaphore de notre enfermement, la métaphore du corps humain, du squelette, qu’il faudra bien se résoudre à abandonner. Des relations complexes et insolites entre le Maître et ceux qui l’entourent sont ici décrites dans de très courtes scènes, dont l’ordre n’est pas imposé par l’auteur. Ces « sketchs » évoquent avec une mélancolie joyeuse notre enfance, nos espoirs, nos angoisses, nos rêves… Le tout compose un ensemble singulier et original, à la fois loufoque et métaphysique… cette manière si chère à l’auteur des Diablogues.

Ce qui fait l’unité de tout cela, c’est le langage merveilleusement musical et poétique de Dubillard. Les mots sont ici à la fête, tiennent en haleine, avec toute leur saveur et leur précision, mais aussi avec toutes les questions qu’ils suscitent. La langue de Dubillard ne cesse d’ouvrir des portes sur l’inconnu, le cocasse, l’inquiétant et le bizarre. Elle fait circuler la pensée en tous sens, sans jamais se figer, se scléroser.

La Maison d’Os offre mille et mille entrées possibles, sur le « dedans » et sur le « dehors ». Nous l’habitons tous, nous nous y retrouvons tous. C’est une source de questionnement sur notre propre vie, sur notre finitude, sur l’abandon… – mais c’est aussi une source de franche « rigolade » (c’est encore Dubillard lui-même qui l’affirme).

Hervé Van der Meulen

du 4 au 17 décembre 2020

Musique originale Baptiste Allard

Mise en scène Hervé Van der Meulen

Chorégraphie Jean-Marc Hoolbecq

Scénographie Claire Belloc

Costumes Isabelle Pasquier

Lumières Stéphane Deschamps

Maquillage Audrey Millon

Assistante à la mise en scène Shannen Athiaro-Vidal

Coproduction Le Studio d’Asnières et le Théâtre Montansier de Versailles (78) / Avec la participation artistique de l'ESCA – École Supérieure de Comédiens par l’Alternance

Reprise du spectacle créé en mars 2020

Durée 2 h15 - À partir de 14 ans

AvecMarco Caraffa, Steven Dagrou, Julien Despont, Lubin Labadie, Leïla Loyer, Juliette Maurice, Jeanne Masson, Fany Otalora, Tristan Pellegrino, et Hervé Van der Meulen… distribution en cours…

Crédit photo : Miliana Bidault