
(c) Paul Desveaux
Une île imaginaire, au large du Danemark – terre close –, non-lieu figé dans un espace-temps instable, refuge, piège et miroir.
Le coeur de la pièce est la confrontation entre enfance et âge adulte. Quatre enfants, livré.e.s à elleux-mêmes, traversent une quête existentielle faite de doutes, de pulsions, de visions et de blessures.
Je cherche à questionner, à déranger doucement, à travers une oeuvre immersive et sensorielle, à la croisée du théâtre, du conte cruel et de l’univers sériel.
Sur une plaine abandonnée, des enfants dansaient.
Ils dansaient jusqu’à l’Aube — ils dansaient jusqu’à ce que le jour soient levés.
Le jour venu,
les enfants ne dansaient plus.
Sur une plaine abandonnée,
des enfants gisaient.
Le corps et l’Esprit ailleurs,
loin du vacarme et du chant sur les collines.
Sur une plaine inhabitée,
une ombre marchait.
Déambulait.
Toujours, du coucher du Soleil,
au dernier rayon, au levé du crépuscule du nouveau jour,
l’ombre marchait.
L’ombre restera sur cette Île.
L’ombre toujours y respirera.
Jamais son cœur ne s’éteindra,
toutes les nuits elle vagabondera sans que personne ne la voit.
Sans que personne ne l’a comprenne,
dans cette malédiction, elle répandra le froid.
Plus rien ne bougeaient lorsque le jour fût venu.
Les Enfants parlaient, causaient — ils disent.
Les Enfants Perdus sont nés du Soleil et de la Lune. Ce qui né sur cette Île, toujours y paraîtra,
toujours y enfantera,
toujours y dormira.
Les Enfants Perdus sont ceux qui resteront. Ceux qui dormiront.
Les Enfants dansent souvent pour oublier.
Souvent pour rêvasser — ils disent.
Toujours elles recommenceront.
Toujours ils naitront.
Toujours,
dans le silence de la plaine,
ils survivront.
Baptiste Znamenak
Avertissement : scènes de violence et utilisation de stroboscope.