Stage Créer une passerelle poétique entre trois oeuvres en résonance d’Henrik Ibsen


(c) Paul Desveaux

La Dame de la mer 1888 – Solness le Constructeur 1892 – Une Maison de poupée 1879

Mon point de départ sera La Dame de la mer, l’un des chefs-d’oeuvre d’Henrik Ibsen qui prend l’apparence d’un « conte de la mer » et qui joue aux frontières délicates entre monde réel et monde surnaturel.

Nous travaillerons sur l’adaptation de Géraldine Martineau d’après la traduction de M. Prozor :
« La Dame de la Mer n’a pas besoin d’être commentée. Ceux qui s’attachent aux symboles peuvent se dire, s’ils veulent, qu’il y a dans chacun de nous une Ellida qui sommeille. »

Je suis particulièrement sensible aux écritures dramatiques qui puisent leur essence dans la poésie et l’onirisme laissant entrevoir cette vague insaisissable entre conscient et inconscient et d’où émerge une forme d’étrangeté.

Nous aborderons deux autres œuvres, Solness Le Constructeur et Une Maison de poupée.

La construction du stage s’imaginera ainsi ensemble dans une forme d’équilibre.

Les trois chefs-d’œuvre proposés entreront en résonance par différents aspects que nous mettrons en lumière et notamment au travers du personnage d’Hilde présente dans La Dame de la mer et dans Solness Le Constructeur. En résonance également au travers des autres figures féminines et de leurs parcours, je pense à Ellida et à Nora.

Ibsen, l’un de nos très grands auteurs de théâtre, mondialement connu, a cette faculté de « traduire les élans de notre sensibilité occidentale : quelque chose, dans ses pièces, s’accorde à ce qu’il y a de plus profond en nous, de sorte que nous nous reconnaissons en ces hommes et ces femmes que l’on nous donne à voir, presque indépendamment des temps et des lieux ». Régis Boyer

Son œuvre d’une grande modernité interroge depuis son origine des contradictions que nous n’avons pas encore dépassées aujourd’hui.

Les personnages féminins chez Ibsen sont impressionnants conjuguant beauté, étrangeté, fragilité ou détermination, qu’il s’agisse des figures centrales comme Ellida dans La Dame de la mer, Nora dans La Maison de poupée ou encore le personnage de Hilde ou ces autres figures que sont Bolette, Madame Linde, Aline Solness…

Les personnages masculins aux humanités étonnantes, aux destins contradictoires, impitoyables quelquefois, se brisent d’autres fois. A la fois déterminés, porteurs à leur sens « de devoirs », à la fois fascinés, captivés, voire totalement désorientés par les figures féminines qui les entourent. « Une métamorphose leur est nécessaire ».
Qu’ils s’agissent du Docteur Wangel, Arnholm, L’Etranger ou encore Helmer, Krogstad… ou encore Halvard Solness…

 Toute une sphère de dénis, non-dits, secrets, silences entourent les grandes figures ibséniennes, autant d’énigmes à résoudre et qui seront nos « passerelles de jeu ».

Une oeuvre tournée vers l’accomplissement des figures féminines et où le fantôme d’un patriarcat disparait.

Alain Batis

du 5 janvier au 6 février 2026

Stage dirigé par Alain Batis