
(c) Paul Desveaux
Cet atelier propose d’initier les apprenti.e.s aux écritures performatives en prenant le fait divers comme protocole de création.
À partir de la recherche que je développe dans Le Geste des obscurs – une série théâtrale autour des faits divers liés à la violence exercée par des femmes – il s’agira d’explorer la performance comme une forme de représentation où le théâtre devient un espace d’enquête, d’expérimentation et de fabrication du récit.
Une première partie de l’atelier sera consacrée à une introduction à l’histoire de la performance et à ses principaux enjeux esthétiques : comment penser la présence, l’action, le corps, le dispositif, la participation du public et les formes hybrides qui traversent aujourd’hui les écritures contemporaines.
Chaque apprenti.e ou groupe choisira ensuite un fait divers contemporain comme point de départ d’une recherche artistique (les faits divers étant envisagés ici comme nos mythologies modernes) . Il ne s’agira pas d’en proposer une illustration, mais d’identifier ce qui, dans cette histoire, entre en résonance avec une expérience personnelle, une question politique ou un imaginaire collectif. Cette résonance permettra de construire un point de vue et un angle d’attaque dramaturgique.
Le travail de plateau s’appuiera sur la reconstitution comme protocole de création. Rejouer un même événement, déplacer les points de vue, multiplier les hypothèses, confronter les récits : la reconstitution devient ici un outil d’écriture qui révèle moins une vérité qu’il ne met en lumière les mécanismes de fabrication du récit.
Pensé comme un laboratoire, cet atelier privilégie la recherche collective, l’expérimentation et l’invention de formes. Il invite les apprenti.e.s à considérer la performance comme un mode d’écriture à part entière, où le corps, le document, la fiction et la relation au public deviennent les matériaux d’une pensée en acte.
Mélanie Martinez-Llense