
(c) Paul Desveaux
J’ai l’habitude, dans le cadre de mon travail d’auteur et de metteur en scène, de mener ce que j’appelle des « laboratoires de recherche dramaturgique ». Ils prennent la forme de sessions de travail autour d’un thème, d’un personnage réel, d’un événement, d’un fait divers etc. À chaque fois, il s’agit de rassembler un certain nombre de matériaux en lien avec le sujet abordé (extraits de fiction – théâtre, romans, films – , essais, témoignages, archives diverses, chansons, musiques, installations, oeuvres picturales etc). Puis, de travailler cette matière au plateau, de se saisir de ce corpus pour éprouver un certain nombre de questions à la fois sur le fond du sujet, sur ce qu’il nous raconte, sur les directions que l’on souhaite prendre en l’abordant, et sur la forme avec laquelle on souhaite s’en emparer.
Je vous invite donc à partager ensemble ce processus de recherche.
Dans le cadre du stage, j’ai choisi comme sujet de ce laboratoire celui de l’argent et des questions qui en découlent : la valeur, le capitalisme, la dette, l’héritage, le don… Si l’argent peut paraître dans un premier temps un sujet assez spécifique et restreint, on se rend vite compte que, pour ne prendre que le domaine du théâtre, il régit énormément d’intrigues, qu’il est le moteur depuis toujours de nombreuses histoires.
Comment l’argent structure notre rapport au monde ? Comment conditionne-t-il nos existences ? Quelle est la véritable valeur d’une chose, d’une personne ? Tout peut-il s’acheter ? Voilà quelques questions, parmi d’autres, que nous allons aborder dans notre cheminement.
Frédéric Sonntag