
(c) Paul Desveaux
Nous concentrerons notre travail principalement autour des messagers et du choeur, tout en incluant le protagoniste auquel ils s’adressent.
Nous associons aux messagers tous ceux qui annoncent des évènements proches ou lointains, par exemple dans Eschyle : Hermès dans Le Prométhée enchaîné ; Cassandre dans L’Agamenon ; Tirésias dans l’OEdipe roi de Sophocle, ainsi que divers autres, faisant office de porteurs de nouvelles, prédictions et, (ou) révélations, chez les trois auteurs ; (à vous de les pressentir au cours de vos investigations).
Nous traverserons les pièces d’Eschyle, Sophocle et Euripide de péripétie en péripétie, en traitant différentes formes d’approches jusqu’aux plus contemporaines – voire à venir – à réinventer en regard de l’Histoire dont nous sommes les acteurs qu’on le veuille ou non.
Nous nous accorderons une liberté d’interprétation (en pratiquant par exemple la démultiplication des rôles dans une écoute en alerte, toujours renouvelée).
Nous nous attarderons sur le travail rythmique, vocal, musical tout en restant attentifs au sens, au mouvement, à l’espace, qui, en l’occurrence, ne cessent de se croiser et de tisser une trame aux contrastes clairs, porteuse d’une multitude de nuances.
C’est avec une netteté effrayante que les flèches de la parole atteindront le public, non pour le violenter mais pour le vivifier. Nous prendrons conscience de la « catastrophe » qui constitue le noeud de toute tragédie ; nous interrogerons la notion de catharsis, consubstantielle au théâtre grec.
Nous nous attarderons sur sa portée politique, combien elle résonne jusqu’à nous, et sans doute au-delà. Enfin, nous ferons honneur au « chant du bouc » (ce que veut dire le mot : tragédie, « tragoidia » en grec) adressé, à l’origine, avec ferveur, à Dionysos, dieu du vin et de la démesure ; et immanquablement « le sacrifice » aura lieu.
Claude Buchvald