
(c) Paul Desveaux
Mélancolie des mondes visibles
Critique de la visibilité
Dans la continuité de mon précédent stage sur les farces politiques, j’ai voulu approfondir la question des théâtralités dites critiques. Le texte écrit pour l’occasion, Mélancolie des mondes visibles, s’inscrit dans cette proposition de travail. Il interroge de biais les rapports que nous entretenons avec la notion de visibilité aujourd’hui, qui est devenue, en raison de l’expansion fulgurante, généralisée et croissante des technologies de l’image, un critère souverain d’existence dans nos sociétés. Nul n’échappe à la toute-présence de ces dispositifs, à leurs usages et à leurs effets. Ils induisent des transformations radicales dans nos façons d’être au monde, aux autres et à nous-mêmes. Jamais dans l’histoire des civilisations nous n’avons autant montré notre maîtrise du monde par l’image. Au point que notre image devienne la ressource principale de cette maîtrise. Jusqu’à faire de notre image l’image même de cette maîtrise, que l’on pourrait dire aveugle. Cela implique beaucoup de conséquences. Sur ce qui ne se voit pas. Sur ce qu’on ne peut pas montrer. Sur ce qui échappe aux regards et à la vue. Sur tout ce qui remue à notre insu dans les nuits de nos vies.
Quoi de mieux que le théâtre et sa très longue pratique du visible pour tenter de nous en raconter quelque chose ?
Par ailleurs, ce travail avec les apprenti·e·s de troisième année fera l’objet d’un spectacle de sortie en septembre. Normalement, il devrait être drôle. En tout cas, c’est comme ça que j’ai tenté d’écrire le texte. Pour le reste… il m’a seulement semblé qu’il n’y avait pas meilleure occasion qu’un spectacle de sortie pour exposer des enjeux de l’exposition aujourd’hui.
Charly Breton