
(c) Paul Desveaux
Le Conte d’hiver est l’histoire de Léonte (roi de Sicile), qui sombre dans la folie tortionnaire de la jalousie, persuadé que son plus cher ami, Polixène (roi de Bohème) est devenu soudainement l’amant de son épouse Hermione. C’est aussi, après maintes péripéties, l’histoire de la « résurrection » d’Hermione.
C’est une pièce sur la force rédemptrice du pardon, mais aussi sur le refus d’Hermione (secondée par l’héroïque Paulina qui la défend magistralement) de se soumettre au délire assassin de Léonte.
Mon désir en convoquant cette pièce – que j’ai traduite pour les éditions des Belles Lettres – est d’explorer avec les apprenti.es la puissance de la langue shakespearienne : baroque, démesurée ; explorer cette architecture vertigineuse qui convoque à la fois des images poétiques fulgurantes et un concret qui ne craint pas la trivialité.
C’est à travers le langage, par le langage que nous tenterons de donner corps à la folie sombre de la jalousie, à la décomposition de l’amour ; de voir comment, dans la réponse fabuleuse faite à la violence paroxystique, une puissance du féminin se fait jour ; comment ce féminin cautérise, transfigure le désastre sans pour autant l’abolir.
Jean-René Lemoine